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A quoi bon ?


Accéder à nos vérités.


Puisque nous sommes pétris de paradoxes, de joies et de tourments et que nous vivons de souvenirs qui nous retiennent et de projets qui nous attirent, je partagerai ici les sujets qui me tiennent à cœur en choisissant de les effleurer délicatement.


Je crois à la poésie plus qu’à d’autres formes l’expression pour toucher nos vérités. Elle offre un accès plus libre, plus immédiat, plus riche, plus sensuel et pour tout dire plus vivant à notre réalité.


 

 

Illustration :  Comerre « la belle liseuse »

Cinq sens et quelques autres

Dimanche 6 septembre 7 06 /09 /Sep 18:33

Eternité est l’anagramme d’étreinte.

Henry de Montherlant, Les Jeunes Filles

 

 

Lorsqu’en silence vous aurez aimé que je touche votre peau et que je goûte votre corps par tous les sens qui me sont donnés, vous attendrez de ma langue qu’elle vous exprime les mots nouveaux qui me viendront.

 

Au-delà des saveurs, des caresses et des regards les plus intenses, vous réclamerez sans me le dire qu’à votre oreille j’ose chuchoter quelques exquises grossièretés. Vous rêverez ces syllabes indécentes qui claqueront à votre tympan et vous étourdiront de surprise ou d’insolence. Connaissant vos penchants pour les murmures inconvenants et les sonnets blasphématoires, j’attendrai que mes silences vous soient devenus insupportables. Que votre attente soit enfin douloureuse.

 

Ma langue jouera un peu le long de votre jugulaire palpitante ou derrière votre nuque creuse et vous croirez peut être percevoir comme des cris étouffés ou des sanglots lointains. Je retiendrai les phrases émues et les sentences impertinentes qui se bousculeront en orages dans mon cortex surchauffé. Longtemps encore, nous jouerons de ces silences abominables. Nous tenterons d’apprivoiser du mieux que nous pourrons nos émotions tumultueuses en inventant quelques caresses inédites. Las, au bout du jour, nous essaierons de déguiser nos dernières volontés derrière des gestes devenus lourds et des regards troublés de fièvres.

 

La nuit tombera et puis nous soufflerons les chandeliers. Alors l’épaisseur de l’obscurité aiguisera encore nos perceptions. Pour vous j’élaborerai soigneusement quelques phrases acidulées comme on prépare une potion empoisonnée. J’y incorporerai quelques rimes salées, des arabesques imaginaires et quelques assonances inattendues. Impatiente, chaque froissement d’étoffe vous fera frémir, chaque glissement de ma peau vous fera supplier la fin de mon tourment. Les rythmes de nos souffles agités entreront en harmonie comme les battements de nos cœurs aux douze coups de minuit. Vous espérerez la délivrance quand j’ajusterai encore l’éclat d’une sonorité intrépide.

 

Dans un ultime sursaut de volonté, je m’approcherai de votre délicate et frémissante oreille et vous susurrerai crument mon serment. Vous croirez soudain au chant des sirènes, à la prière des braves, ou aux hululements des forêts. Je vous dirai ce que je veux être pour vous, ce que vous ne serez jamais pour moi et pourquoi chaque instant nous délivre à jamais. Je vous offrirai la quintessence de mon cri, je vous présenterai sans pudeur mon ultime clameur intérieure. Et pour en finir avec les mots, je vous offrirai une phrase ou deux, une belle image à emporter loin de moi. Juste quelques mots choisis, à peine articulés.

 

Au cœur de la nuit, la gorge séchée, après de longues minutes à attendre l’écho de ma voix, vous me répondrez souriante et glorieuse : « Mais vous êtes fou ?! »


 

 

 

© DGC 09 2009

Illustration : Alexandre Auguste Hirsch « La Nuit »

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Dimanche 30 août 7 30 /08 /Août 17:38

 

On n'a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes.

(Woody Allen)

 

 

L’ordre aurait voulu, sans doute, que nous nous soyons regardés avant qu’il ne nous ait été possible de nous toucher ou de nous respirer. Nous ferons peu de cas de l’ordre. J’aurai goûté tes sucs avant d’avoir pu contempler tes formes. Et ce sera après les troubles, les spasmes et les orages que mes yeux se promèneront sur tes courbes et tes volumes.

 

De près et de loin mon regard s’éblouira du rayonnement de ton visage, bien après que mes mains ou ma bouche aient voulu rencontrer chaque parcelle offerte de ta chair. A la faveur de ma géographie tactile je découvrirai émerveillé à la lueur d’un chandelier les pleins et les déliés, les ombres et les couleurs de tes surfaces veloutées. Au hasard d’un bras replié j’entreverrai enfin la soyeuse blancheur de tes seins. Mon œil se régalera de la perfection de ton cou, de la douceur de ta joue, de la rondeur de ton épaule.

 

En penchant ma tête un peu, je me délecterai du carmin clair de tes lèvres, et lorsque tu te retourneras à nouveau pour apaiser ton cœur, tu sentiras sur les dunes de tes reins mon regard se poser comme un souffle, un baiser. 

 

Tu aimeras te renverser pour me laisser vagabonder joyeusement sur le galbe envoûtant de ton cul. Nonchalamment je fixerai les douceurs satinées de ton ventre, de tes cuisses, m’interdisant de les toucher aussi longtemps qu’il est possible pour mieux encore m’hypnotiser et m’étourdir.

 

Enfin comme un ultime baiser, à la rencontre de ton âme, faisant fi de toute pudeur, j’oserai plonger dans ton regard. A tant vouloir nous rencontrer, surpris par trop d’intensité, nous nous serons entremêlés. En cet instant là renaîtra notre trouble originel, et nous choirons encore, ensorcelés par les audaces réciproques que nos désirs nous offriront.

 

 

 

© DGC 08 2009

illustration Zimmerman « Vanity »

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Dimanche 23 août 7 23 /08 /Août 16:55

 

Il faut du courage pour apprécier la dureté et la douceur.

Björk, Big Time Sensuality

 

 

Fatigué, assommé par trop de toi dans mes pores, lorsque mon nez, ma bouche et le tréfonds de mes cellules auront apprivoisé tous les atomes de tes arômes ; lorsque tu auras incorporé mes saveurs masculines de ta langue et de ton odorat jusqu’à t’en étourdir, alors enfin mes mains fébriles réclameront de te toucher.

 

Ta peau soyeuse appellera le frôlement et les caresses. Tes bras demanderont d’être effleurés par le bout de mes doigts. Tes épaules ou peut-être tes reins impatients voudront se coller à mes paumes. Tes seins voudront trouver la chaleur de mon torse et sans détours s’y blottiront. Mes pouces aimeront masser ton cou, mes doigts fouilleront ta chevelure, mes ongles exciteront la plante nerveuse de tes pieds. Je parcourrai sans crainte tes collines, tes rivières et tes vallées. Mes doigts remplis d’espoir chercheront les replis inattendus de tes émois.

 

Puis, je t’inviterai à m’offrir cette sensation nouvelle que tu dispenseras en gestes lents sur les surfaces dociles de mon épiderme inassouvi. La douceur de tes jambes tièdes s’ingéniera à se frotter contre mes cuisses. Avides encore de nous troubler par tous les moyens que la nature et l’imagination peuvent nous offrir, nous accepterons de nous laisser dériver sur des mers lointaines d’inconscience ou d’indécence.

 

Viendra l’instant où nos surfaces devenues complices se contracteront et nous indiqueront la voie d’une caresse ultime, profonde et brûlante comme un volcan. Ton ventre bombé, tes reins creusés, ta bouche arrondie dirigeront mes gestes vers ta faille. Là où ta peau est la plus douce, où ta chaleur et la plus intense, là où ton être est le plus creux, je viendrai te chérir pour mieux périr. Là où mon être est le plus long et le plus insolent, tu rêveras de te transpercer. Comme nos corps enlacés, nos sexes s’enserreront, s’enflammeront, s’ensorcelleront. Nos êtres comme des navires fabuleux choisiront de rouler, de tanguer et voudront même sombrer. Nos raisons seront mises hors circuit, nos dermes nous serviront de dernière conscience.

 

 

 

© DGC 08 2009

illustration Saudek

 

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Dimanche 16 août 7 16 /08 /Août 16:34

 

Vice : plaisir que l'on n’a pas goûté.

(Louis Aragon)

 

 

Quand j’aurais exploré tes parfums et que tu auras su me sentir, alors nous viendra l’eau à la bouche. D’une langue impatiente et délicate, je chercherai les sels capricieux de ta peau, les sucs secrets de ton corps, les sèves les plus rares, celles capables de me troubler par leur subtilité. Tes saveurs féminines taquineront mes papilles et je croirai alors goûter à la félicité.

 

Sous l’incidence de nouvelles émotions, tes frémissements engendreront de nouvelles exhalaisons plus exceptionnelles encore. Des particules d’arômes aux goûts de fruits défendus, de terre vierge et de feuillages frais envahiront mon être en profondeur. Ma bouche, mon air et mon sang s’imprégneront du goût de ton corps en état de plaisir. Aux racines de mon cerveau les marques de ta chair s’imprimeront à jamais.

 

J’irai cueillir ton pollen dans les plis de tes chairs comme tu récolteras mes sels, les alcools et mes écumes à la manière d’une sorcière. Assoiffé de te connaître, je te boirais comme tu me suceras. Nous nous pourlécherons. Nous nous lécherons la bouche, le cou et le visage comme des loups, comme des chiens. Nos salives se mélangeront, nous nous régalerons de nos sèves entremêlées en un fluide éphémère et enivrant. Ton air sera mon air, ton goût sera mon goût.

 

Dans notre soif infinie du frisson ultime nous croirons enfin nous réconcilier avec ce monde. Peut-être même croirons-nous nous délivrer du mal. Il ne nous restera qu’un seul moyen d’un finir. Jouir, jouir, jouir encore. Jouir encore et encore, jouir à en mourir, car nous voudrons nous sentir vivants, coûte que coûte.

 

 

 

 

© DGC 08 2009

illustration DGC

 

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Dimanche 9 août 7 09 /08 /Août 16:20

 

Il revient à l’homme d’habiller la femme qu’il déshabille et de parfumer celle qu’il enlace.

 (Amin Maalouf, Le Périple de Baldassare.)

 

 

Ce jour là, pour faire connaissance, parmi cinq sens que les dieux nous ont donnés, nous emploierons le plus primaire, le plus sauvage, le plus troublant, le plus intime, et finalement le plus tentant. Nous préférerons l’odorat.

 

D’abord, près de toi j’approcherai. Très près. Beaucoup trop près. Exprès. Guidé par les courbes creuses de ton corps, mon nez te cherchera.

 

Il débusquera les restes d’une fragrance de parfum ou de shampooing. Mais ne s’y attardera pas. Il chinera des effluves de toi, des soupçons d’épices naturelles, une senteur corporelle plus rare. Mon flair musardera tout autour de ton cou et mon nez te troublera par sa caresse et son souffle mesuré tout autant que par sa présence inquisitrice et obsédante.

 

Ta nuque, évidemment, siège de multiples émotions, me révélera de nouvelles exhalaisons et quelques chaleurs avant que tes cheveux finissent de m’envoûter de leurs charmants bouquets.

 

Puis, me penchant un peu plus, voguant de ton dos à tes reins, de ta poitrine à ton nombril puis de ton ventre à tes chevilles, mon radar nasal découvrira d’autres saveurs imprévisibles. L’aventure m’emportera, tes paysages m’apparaîtront.

 

Sans un mot, j’entrerai dans tes univers les plus secrets. Tu m’accueilleras sur tes îles cachées, tu m’offriras tes fleurs invisibles. Tu frémiras, d’impatience et de trouble, perdue quelque part entre la peur de me voir découvrir une senteur inconvenante et la délicieuse impression d’être outrageusement possédée par mon nez.

 

Sachant que tu ne peux plus rien me cacher, tu finiras par abandonner l’idée qu’un relent naturel suscité par l’excitation ou la luxure puisse me déplaire.

 

Alors, sans t’avoir encore goûtée, sans avoir pu te toucher, et avant même de t’avoir vraiment regardée, je te demanderai à demi soûlé : « Si tu me veux, sens-moi ».

 

 

 

© DGC 08 2009

illustration Sorayama

 


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Mercredi 13 mai 3 13 /05 /Mai 23:42

Le présent n’est pas un passé en puissance, il est le moment du choix et de l’action.

(Simone de Beauvoir)

 

 

Il m’est fréquemment arrivé de me demander, lors d’une escapade particulièrement audacieuse « Qui serait fier de moi à cet instant ? » Pas évident de trouver une réponse. Je pense souvent à un de mes meilleurs amis, qui partage mes valeurs dans le domaine des relations humaines. Je me dis aussi que certains de mes anciens copains seraient très surpris de me voir dans une telle situation. (Petite revanche sur ceux qui fanfaronnaient à l’époque où moi j’étais bien moins assuré pour aborder les filles.) Et pour me tordre de rire, je pense à ma mère ou à une collègue coincée par exemple. C’est une figure de la dissociation qui peut générer de jolis fous rires…

Souvent, je pose aussi l’innocente question à celle qui partage ce moment avec moi : « Dis moi, chère compagne de débauche, à ton avis, parmi tes connaissances qui serait fier de toi s’il savait ce que tu es en train de faire aujourd’hui ? » (La meilleure des réponses étant à mes yeux : moi-même, évidemment !) Car comme me rappelait si judicieusement une charmante compagne, « On est libre quand on assume ses choix ».

 

 

 

© DGC 05 2009

Illustration DGC coll pers. « la devise»

 

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Dimanche 3 février 7 03 /02 /Fév 18:42

 
 
 

L'amour et la musique peuvent tout, tout hormis "n'être pas".

Hélène Grimaud Variations sauvages
 
 
 
 

De la très bonne musique, ça se passe physiquement dans l’axe de mes deux épaules, du côté de mon dos. Elle traverse mes omoplates horizontalement et ma colonne vertébrale verticalement. Elle remonte mon échine, électrise ma moelle épinière puis irradie mon cortex.

Là, mes deux épaules s’étirent délicieusement vers l’arrière, mon bulbe rachidien super stimulé me fait basculer la tête en arrière et mes yeux se ferment. Puis l’oxygène envahit mes poumons et la joie se diffuse à la manière d’un orgasme dans tous mes muscles.

 
 
 
 
 
 

© DGC 02 2008

Illustration by David Lachapelle : Björk
 
Par E-Lover - Publié dans : Cinq sens et quelques autres
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Jeudi 10 janvier 4 10 /01 /Jan 11:41
 
 

On n’est pas obligé de comprendre pour aimer. Ce qu’il faut, c’est rêver.

(David Lynch)

 
 
 
A la saison des froids,
allons tirer les rois
Dans un boudoir coquet
retrouvons-nous afin
De partager galette
et célébrons nos joies
Sur une table ronde,
le plat est déposé
Gourmandise pâtissière
où se niche un trésor
Le feuilleté parfumé
à point est réchauffé
 
Toi l’exquise Fanny
de mon épiphanie
Ta peau est satinée
comme du beurre sucré
Délicieuse frangine
au gout de frangipane
Je rêve de retrousser
la nappe de dentelles
De lécher cette pâte
dorée comme tes saveurs
De parcourir ta peau,
d’obtenir tes faveurs
 
Ce gouter est un jeu
de cache-cache, de menteurs
De nous deux qui sera
le roi ou bien la reine
Le met au gout d’amande
fond déjà sous ma langue
Moi je croyais savoir,
quels que soient nos destins
Que pour ce soir encore,
je serais ton paladin
Je trouverai ta fève
et te la sucerai !


 
 
 
 
© DGC 01 2008
Par E-Lover - Publié dans : Cinq sens et quelques autres
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Vendredi 7 septembre 5 07 /09 /Sep 16:00
 

« Appeler un amant, c'est demander au téléphone qu'il te renvoie cette splendeur divine de ton désir. »

(Gilles Leroy Champ secret)
 
 
 

J’étais finalement assez peu adepte du sexe à distance. Il arrivait qu’une amie qui me connaissait bien engage une conversation à vocation érectile, lubrique ou fornicatoire de temps à autres. Puisque j’aimais la sensualité des mots.

 

Parfois j’aimais aussi troubler l’oreille d’une belle grâce à mon téléphone quand elle se trouvait loin de moi. Dans ces cas je m’arrangeais pour le faire à un moment où j’étais seul et disponible.

 

Cette fois là, la chérie m’avait délicieusement et régulièrement harcelé de quelques photos et de sms tous plus brûlants les uns que les autres, puis elle avait fini par m’appeler après son travail. Elle n’en était plus à son coup d’essai. Il nous était déjà arrivé de nous faire jouir mutuellement à distance. Elle avait assurément un grand talent dans ce domaine.

 

Voyageant fréquemment, je profitais quelquefois du temps passé dans les transports en commun pour entretenir mes amitiés érotiques. Je m’étais retrouvé ce jour là dans un car. J’avais devant moi une heure trente de trajet. Je n’avais pas encore imaginé que notre conversation allait durer jusqu’à la destination finale.

 

Elle s’était allongée dans sa chambre pour être parfaitement à l’aise et me parler d’une seule main. Je l’avais questionnée avec précision sur sa tenue, sur les parcours de ses doigts puis de son joujou préféré sur (et dans) son corps. Je l’avais interrogée sur les signes manifestes de son état d’excitation et sur les émotions troublantes qu’elle ressentait. Je lui avais répondu un sourire dans la voix que j’appréciais ce moment, que j’imaginais parfaitement ce qu’elle me décrivait et avec force détails je lui avais fait part de l’état indécent dans lequel mon membre se trouvait alors. J’avais accompagné ses gestes de mes mots et l’avais guidée de la manière la plus précise possible jusqu’à l’entendre éprouver le plus vif des plaisirs. Au détour de notre conversation, nous dévoilant toujours plus, nous avions aussi évoqué des situations qui nous avaient particulièrement excités et quelques unes de nos plus belles expériences.

 

J’avais tenté de moduler le volume de ma voix en fonction du vrombissement du car. J’avais espéré un moment qu’il recouvrirait les mots crus, les suggestions salaces et les remarques obscènes à haute teneur en stupre qui sortaient de ma bouche, mais je m’étais vite aperçu qu’autour de moi plus personne ne prononçait un seul mot et qu’en vitesse de croisière, un diésel récent et bien entretenu produisait finalement assez peu de décibels.

 

Devant moi, à quelques dizaines de centimètres de ma bouche se trouvaient les oreilles d’une très jolie fille blonde ornée de nombreux bijoux et à la peau dorée par le soleil du midi. En la voyant s’installer dans le véhicule, j’avais été fortement tenté de m’avancer d’un rang… Mais mon téléphone avait retenti à ce moment là.

 

Derrière moi, un vieux monsieur m’avait semblé dormir, et de l’autre côté du couloir un couple de gens âgés se laissait tranquillement transporter. La plupart des autres voyageurs m’avaient semblé être des retraités en transit vers une hypothétique ville d’eau. J’ai espéré qu’ils soient tous un peu sourds.

 

Même si mes mots n’étaient pas tous clairement parvenus jusqu’aux oreilles de mes voisins de fortune, la tonalité de ma voix, mon attitude et le plaisir manifeste que je prenais à échanger au téléphone ne devait laisser aucun doute sur la substance de notre conversation.

 

Quant à la jolie jeune femme blonde et bronzée, elle n’avait pas perdu une seule seconde de notre échange. Elle a croisé mon regard d’un air mi-troublé mi-effrayé en récupérant prestement ses bagages.

 

J’aurais aimé pouvoir la rassurer. Mon collègue m’attendait déjà sur le parking. Elle n’oubliera pas son voyage de si tôt…

 
 
 
 
 
 
 
© DGC 09 2007
illustration : Royo
Par E-Lover - Publié dans : Cinq sens et quelques autres
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Samedi 24 février 6 24 /02 /Fév 16:35
 
 
« On a plus perdu, quand on a perdu sa passion que quand on s'est perdu dans sa passion. »
(Sören Kierkegaard)
 
 
La magie s’est enfuie
Le souffle est reparti
 
Inutile de mentir,
Il suffira de nous souvenir
 
Quand sur le quai tu me tendais les bras
Lorsque mes mains frôlaient doucement tes reins
 
Mes yeux s’enfonçaient dans les tiens
Ta peau s’éveillait sous mes doigts
 
La magie s’est perdue
Et le charme est rompu
 
Le temps entre nous s’est glissé
Oublie mes troubles de jadis
 
Nous savons bien que c’est fini
Il n’y aura plus jamais rien
 
On a usé nos semelles, nos voiles sont déchirées
Plus la moindre étincelle, nos ailes sont brûlées
 
La magie s’est enfuie
La grâce s’est envolée
 
 
 
 
© DGC 02 2007
illustration : Pino
 
Par E L - Publié dans : Cinq sens et quelques autres
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Lectures


L'Art d'aimer Ovide ; Dernières nouvelles des étoiles Serge Gainsbourg ; Théorie du corps amoureux ; La Sculpture de soi ; Les Libertins Baroques ; La Puissance d'exister Michel Onfray ; Histoire de ma vie Casanova ; Zones humides Charlotte Roche (Anabet) ; Lolita Vladimir Nabokov ; Nexus Henry Miller ; Venus erotica Anaïs Nin ; Eloge des femmes mures Stephen Vizinczey ; La passe Imaginaire Griselidis Réal ; Le sexe et l’effroi Pascal Quignard ; Histoire d'O Pauline Réage ; Les mémoires séraphiques Quitterie Chatenoy ; Le Zubial ; L'Ile des gauchers Alexandre Jardin ; Impuretés Philippe Djian ; Vous toucher Claude Bleton (textes) et Catherine Izzo (photos) (Ed. Le Bec en l'Air) ; La mécanique des femmes Louis Calaferte ; Les particules élémentaires ; Plateforme ; La possibilité d'une île Michel Houellebecque ; Qu'Allah bénisse la France ! Abd al Malik ; L'humanité disparaîtra, bon débarras ! Yves Paccalet ; Crash ! ;  Sauvagerie J G Ballard ; Américan Psyco ; Lunar Park Bret Easton Ellis ; Histoire de l'œil Georges Bataille ; Aphrodite, Pybrac Pierre Louys ; Fragments d’un discours amoureux Roland Barthes ; Le condamné à mort Jean Genet ; 


L'Abbé Cédaire

 

Ames sœurs

On parle volontiers d’âmes sœurs lorsque deux personnes éprouvent le sentiment d’être félins pour l’autre. La recherche amoureuse est bien souvent énoncée comme la recherche de l’âme sœur pour désigner l’entente idéale. Tout comme il y a des fratries plus ou moins nombreuses on peut avoir plusieurs âmes sœurs, successivement ou simultanément.

 

Baisouille

Action de bisouiller en vue de baiser un(e) partenaire timide. "Charles baisouillait fréquemment ses copines de classe lors des séances de cinéma du mercredi." (Omar de Monbrac, Chroniques des salles obscures).

 

Cunibranlage

Pratique sexuelle à deux partenaires, ou plus, visant à synchroniser les mouvements des langues dans les con et les rythmes des mains sur les queues, dans le but de provoquer un orgasme généralisé.

 

Desirium

Contraction latine de délirium et desirus. Terme utilisé en médecine lors du traitement des affections nerveuses des individus rendus fébriles dans l’attende d’un rendez-vous galant. Octavia fut atteinte de desirium en reposant la lettre de son amant Marcus. Submergée par son désir, son cœur palpitait et elle fut prise de brèves convulsions.

 

Exhinibition

Selon la définition d’Albert de Monchibre, (Mon vit, mon œuvre) l’exhinibition est l’art de demander à sa bien aimée de montrer son entrecuisses là où c’est interdit : dans les cimetières, au passage clouté, devant le Ministère de l’intérieur… afin qu’elle prenne plaisir à franchir les interdits en toutes occasions.

 

Foutrager

Manière peu élégante d’honorer outrageusement sa concubine en éclaboussant ce qui n’a pas besoin de l’être (son livre de chevet, sa trousse à maquillage, ses plantes vertes…)

 

Gorger

Le terme gorger a été mis à jour lors de la découverte d’un ouvrage antique sauvé des ruines de Pompéi. Le manuscrit richement illustré était un livre de recettes amoureuses destiné aux pensionnaires des lupanars. Il désignait tout autant le geste consistant à faire glisser un membre masculin profondément dans sa gorge que l’augmentation en volume dudit membre sous l’effet de la caresse prodiguée.

 

Hammasexualité

Pratique sexuelle consistant à se rendre dans un hammam et à profiter de la vapeur pour enfiler un doigt incognito dans sa voisine ou dans son voisin, selon.

 

Intelligence intuitionnelle

Contrairement à l’intelligence dite logique ou rationnelle, l’intelligence intuitionnelle permet à ceux qui en disposent de comprendre rapidement leurs semblables. Par exemple, l’II permet de rentrer dans l’esprit du sexe opposé sans même avoir à y penser, ce qui permet un gain de temps appréciable lors d’une discussion.

 

Jusqu’au bitistes (les)

Mouvement social de la fin du XXème siècle défendant une pratique du coït consistant à bourrer jusqu’au bout, c'est-à-dire jusqu’à l’épuisement complet des partenaires. Son leader Jules Turgessant est mort d’une embolie cérébrale au cours d’une banale course à pied au bois de Boulogne.

 

Klito sutra

Ouvrage antique de référence sur l’art d’astiquer le clitoris. Le lecteur y trouve 671 façons de faire durcir et dresser le précieux organe féminin à l’aide d’un doigt, d’un genou, d’un pénis, d’une langue et de divers légumes de saison.

 

Lassivitude

Phénomène bien connu de tous les sportifs lorsqu’après une séance d’activité physique longue ou intense, au lieu de se sentir épuisé, le désir sexuel paradoxal particulièrement fort se manifeste. Il faut alors rapidement sortir de la douche et rappeler son (sa) partenaire de jogging ou d’escalade.

 

Manuel

Sous peine de se voir rabroué, le gentleman prévoyant consultera son Manuel de savoir vivre et de savoir foutre avant de s’approcher d’une gente demoiselle disposée à lui accorder ses faveurs.

 

Notre Pervers (le)

Prière des muses bien connue en pays Gaulois.

 

« Notre pervers qui êtes vicieux...

Que mon con soit salivé

Que les verges viennent

Que ma volonté soit fête

Sous la table comme aux pieux

Donne-nous chaque jour notre coït quotidien

Encourage nos turlutes

Car turlutons tous ceux qui nous ont enconnés

Ne nous soumets pas à l’abstinence

Et délivre-nous des mâles. »

 

 

Obsédoux

Penchant psychologique fréquent chez lez vieux veufs ayant encore la branche verte.

 

Priapisse

Discipline antique consistant à uriner en ayant le phallus en érection. Au XXème siècle de notre ère, la science a découvert que les champions de cet exploit possédaient une anomalie génétique et n’avaient donc aucun mérite.

 

Queue de cochon (la)

Lieu de débauche et de gourmandise bien connu des amateurs de bonne chair. Synonyme de bistroquet à foutre et de bar à pétasse (ne pas confondre avec le bar à touffes et le bar à gouines).

 

Roujouir

Certaines femmes rougissent dès qu’elles songent à jouir. D’autres rougissent quand elles ont joui. On dit que les rousses ont tendance à roujouir un peu plus vite que les brunes et ce n’est pas toujours faux. « Le devoir d’un homme galant est de savoir faire jouir et de faire roujouir sa partenaire. » (Casanova).

 

Sexercice

On parle de sexercice lorsqu’un initiateur donne un exercice érotique à son élève. Il est généralement destiné à lui permettre de découvrir une facette nouvelle de sa sensualité. Les muses du paradis connaissent ce terme depuis bien longtemps.

 

Tripoturer

Lorsque Jacques tripoturait Georgette de ses gros doigts rugueux de bucheron quinquagénaire, il avait tendance à la faire crier, mais pas seulement de plaisir.

 

Ustensensible

On trouve dans les tiroirs et les placards des cuisines toutes sortes d’objets pouvant servir d’ustensensibles lorsque monsieur est parti jouer à la pétanque et que madame a des idées.

 

Vulvérable

On dit de la femme qu’elle est vulverable lorsqu’au milieu de son cycle, elle ressent un impérieux besoin de se faire vulverer dans le but de se reproduire.

 

Watergons

Contraction grossièrement codée de l’expression : « Rejoins-moi dans les waters du wagon ». Ces lieux sont bien connus pour être les seuls lieux intimes des Trains à grande vitesse. Je conseillerai tout particulièrement ceux qui se trouvent à l’avant des voitures de la première classe du Paris-Marseille, réservés aux handicapés. Penser à vérifier qu’aucun paraplégique ne se trouve dans la rame (Si tu niques dans mon water, tu niques mon handicap).

 

X’citation

Citation trouvée dans un film X. Marc dit soudain à Carla : « Crache ton chewing-gum et mordouille-moi la hampe, je crois qu’elle commence à ramollir un peu. »

 

Yop

Substance blanchâtre bien connue des adolescents.

 

Zouave

Corporation de joyeux foutriquets aptes à la zoie en toute circonstance. Syn. : Zubial ; Zêbre ; Zigoto.

 

 

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